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C’est quoi le street art ?

Depuis une dizaine d’années, le street art se répand dans les médias et réseaux sociaux, et le grand public se familiarise avec ce courant artistique. Ce mouvement, aussi appelé “art urbain“, se développe depuis les années 2000 sur l’ensemble de la planète.

Graffitis, fresques murales, pochoirs, collages, installations diverses et variées ou détournements de panneaux sont les moyens d’expressions préférés des street artistes.

Quelles sont les origines de ce courant artistique ? Comment s’est-il développé ? Quelles pratiques et techniques sont utilisées dans l’art urbain ? Comment le définir ?
 Décryptage, historique et analyse de la situation dans cet article.

> Pour en savoir plus, consultez notre article Les différentes pratiques et techniques du Street Art

Street art : définition

Le street art, ou art urbain, se définit aujourd’hui comme toute forme d’art graphique et/ou plastique réalisée de manière libre dans la rue ou l’espace public. En d’autres termes, l’art urbain n’est à l’origine pas une commande (il n’est pas rémunéré), et peut aussi bien consister en un graffiti qu’en un dessin à la craie, un collage, une vidéo projection, une mosaïque, un tricot urbain, une fresque murale, etc.

Force est de constater qu’à l’usage le terme street art s’emploie également pour qualifier les commandes rémunérées de ce type d’œuvres, tant dans les espaces publics et privés que dans le cadre de festivals.

Il désigne aujourd’hui les fresques murales, les anamorphoses ou les installations réalisées par des artistes accomplis en toute légalité. Et ce en utilisant des bombes de peinture aérosol, de la peinture acrylique, des collages, des céramiques, des Legos, du PVC, des poteries, etc.

Le mot “street art“ est devenu avec le temps un terme générique, un peu fourre-tout, car dans l’esprit du grand public il regroupe de manière imprécise et indifférenciée beaucoup de pratiques graphiques, plastiques et visuelles.

C’est également devenu un style graphique à part entière : on peut entendre parler de tableaux, papier peint, tapis de souris, et même (véridique) de lunettes de WC street art !

Historique

L’un des deux parents du street art est sans aucun doute le graffiti moderne. Celui qui a vu le jour dans les années 1960-1970 à Philadelphie et New-York, à l’aide de bombes aérosols sur les murs et sur les métros, pour déclarer son amour ou pour marquer le territoire d’un gang.

L’autre parent de l’art urbain réside dans l’attirance de l’humain à marquer de tout temps l’espace public de son empreinte : des gravures revendicatrices sur les pierres de la Rome antique aux collages d’Ernest Pignon-Ernest, l’histoire des villes s’est écrite avec des pratiques artistiques libres sur ses murs.

Le graffiti, père du street art

Le graffiti moderne est né aux Étas-Unis. Pour certains, il voit le jour à Philadelphie dans les années 1960, où Cornbread recouvre la ville de son nom pour déclarer son amour à une femme. Tout cela à l’aide de bombes aérosols.

Pour d’autres, le graffiti nait à New-York dans les années 1970 : les gangs des ghettos new-yorkais marquaient leurs territoires à travers des tags, qui sont rapidement devenus de grands lettrages réalisés à la bombe aérosol sur les murs de la ville et sur le métro !

Métro New-Yorkais / Tracy 168 – Wild Style – 1980’s

Cornbread – 1970’s

Les deux villes sont proches. Le graffiti actuel vient de la côte Est des États-Unis, où il éclot dans les années 1960-1970. L’autre certitude, c’est que ce sont bien les graffeurs New-Yorkais qui ont élevé le niveau de réalisation, en ajoutant des effets 3D et des ombres, en déformant et travaillant les lettres à l’infini, en jouant avec les couleurs et les dégradés, en réalisant des personnages, des décors, et des fresques murales composant de véritables tableaux urbains. Ils se sont également appropriés l’iconographie pop art et se sont inspirés de l’univers des bandes dessinées.

“Dondi“ – 1980 / © Martha Cooper

C’est en évoluant au fil des années que le graffiti s’établit comme un véritable courant artistique. Les pionniers qui recouvraient les métros new-yorkais deviennent avec le temps des artistes internationalement reconnus : Dondi, Quik, Seen, Futura 2000, Taki 183, etc.

Ils exposent leurs styles dans des galeries dès le début des années 1980 et propulsent le mouvement underground vers le monde artistique contemporain.

Des livres comme Wild Style ou Subway Art mettent en avant ce mouvement de manière visible, et ces ouvrages propagent le courant américain sur les autres continents.

Les graffeurs et artistes modernes s’emparent alors des codes et techniques du graffiti, et les développent pour exprimer leur créativité sur les murs des espaces publics. Loin des courants habituels, influencé par les artistes contemporains, challengé par les graffeurs du monde entier, le graffiti a semé la graine de ce qui deviendra le street art.

L’expression libre, mère du street art

L’être humain a toujours eu la propension à s’emparer des murs pour y exprimer son art, ou au moins ses revendications, de manière créative. De Lascaux à nos jours, les exemples ne manquent pas. De la même manière que chaque génération d’élèves a écrit sur ses bureaux de classe, s’emparer illégalement des espaces publics relève de l’activisme, de la poésie, d’un témoignage ou d’une marque de territoire. Pour de nombreux jeunes, c’est un moyen de s’affirmer et de s’exprimer, de s’identifier à un groupe en marge de la norme établie.

Graffiti de gladiateurs / art Antique

Grotte de Lascaux / art Pariétal

Cette volonté quasi naturelle de s’exprimer sur les murs des cités a rapidement rencontré le graffiti des gangs new-yorkais. La culture hip-hop s’en est d’abord emparée. Le mouvement punk s’en est ensuite saisi, avant que les étudiants en école d’art et les artistes modernes s’adonnent également à ce qui devenait peu à peu l’art urbain.

Les pionniers du street art

Les artistes cités ci-après sont reconnus comme ayant participé au rayonnement de ce mouvement à ses prémices. La liste se veut non exhaustive car de nombreux autres peintres et artistes talentueux (mais moins médiatisés) ont également grandement contribué à promouvoir ce courant artistique.

L’art urbain s’est révélé au public dès les années 1970, notamment en France avec les collages d’Ernest Pignon-Ernest. Activiste et revendicateur, il expose les injustices sociales et défend les thèmes égalitaires en taille réelle.

“Rimbaud“ – 1978 / © Ernest Pignon-Ernest

Au milieu des années 1970, Jean-Michel Basquiat se fait également connaitre pour ses œuvres dans l’espace public.

Basquiat, qui a commencé par le graffiti, bifurque vers l’art contemporain avec son projet SAMO (SAMe Old shit), qu’il déclinera sur des toiles. Il deviendra ensuite, avec le soutien d’Andy Warhol, un artiste moderne reconnu et exposé dans les galeries et musées du monde entier. Son art restera empreint de la mouvance graffiti.

Samo (Jean-Michel Basquiat) – 1981 – © Edo Bertoglio

Keith Haring dans le métro New-Yorkais – 1980’s / © Tseng Kwong Chi

Keith Haring, étudiant en école d’art à New-York, s’empare des rues de l’East Village à la même période avec des collages, de la peinture et même des installations vidéos ! Il ira jusqu’à graver ses œuvres dans les trottoirs de la ville. Sa créativité s’exprime avec un style reconnaissable, fait de formes simples et de silhouettes de personnages qui se répètent.

Il le décline en noir et blanc ou, comme dans le graffiti, avec des couleurs flashy. Véritable pionnier du street art, il sera exposé dans les galeries américaines dès le début des années 1980 avant d’être reconnu en tant qu’artiste contemporain.

Ces trois artistes en inspireront quantité d’autres, qui exprimeront leur créativité dans les espaces publics des villes du monde. Banksy, Invader, Shepard Fairey, J.R ou Jérôme Mesnager sont les enfants du graffiti et de l’expression libre, influencés et propulsés par les premiers artistes de l’art urbain.

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