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Pratiques et techniques du Street Art

Dans notre article précédent, nous avons vu que le street art englobe toute œuvre artistique réalisée dans l’espace urbain. Nous vous proposons ici un tour d’horizon des pratiques et techniques du street art, des fresques murales à la vidéo-projection, en passant par les pochoirs, collages et installations urbaines.

Ce terme généraliste mérite toutefois d’être défini de manière plus précise. En effet, derrière cette appellation grand public se trouvent de nombreuses pratiques bien différentes, tant par la technique que le support exploité, et également le rendu des œuvres. Celles-ci peuvent consister en un graffiti, un dessin à la craie, un collage, une vidéo projection, une mosaïque, un tricot urbain, une fresque murale, etc.

Les arts urbains peuvent alors être réalisés à l’aide de différents outils et matériaux : bombes de peintures aérosols, peinture acrylique, collages, pochoirs, marqueurs, céramiques, Legos, PVC, poteries, etc.

Ces différentes formes d’expression, associées aux multiples techniques à disposition, ont donné naissance à des courants majeurs de l’art urbain.

Les fresques murales

Œuvres de l’art urbain les plus répandues, les fresques murales ornent les murs et façades des villes depuis des décennies. Indiscutablement enfantées par le graffiti, elles mixent aujourd’hui techniques aérosols et peinture acrylique au pinceau ou au rouleau, et proposent à voir des univers très variés selon les styles et sensibilités des artistes.

Les outils les plus utilisés restent la bombe de peinture aérosol et la peinture acrylique appliquée aux pinceaux (brosse, rouleau, etc.). Les artistes font de plus en plus souvent appel aux systèmes de pistolet à peinture à haute pression (système airless). Inspirés par les peintres en bâtiment, ils recouvrent rapidement de grandes surfaces grâce à ce procédé. Les peintures aussi évoluent, et si l’acrylique reste la plus répandue, il existe dorénavant des déclinaisons plus ou moins résistantes aux UV, des peintures à l’eau avec moins de solvant, ou encore des vernis protecteurs qui peuvent être appliqués pour allonger la durée de vie des couleurs.

Le style des fresques murales du street art a lui aussi évolué. Il s’est surtout diversifié : aujourd’hui, on trouve sur les murs des espaces publics des réalisations inspirées par les grands courants artistiques de la peinture classique et contemporaine, tout comme des œuvres hyperréalistes ou abstraites, sans compter les univers artistiques proches de la culture pop, de la bande dessinée, des mangas ou de la culture graffiti et hip-hop.

Qu’elles soient grandes ou géantes, en trompe-l’œil ou à plat, en couleurs flashy ou pastels, réalistes ou abstraites, réalisées à l’aérosol ou à la chaux, les fresques murales gardent en commun l’objectif de surprendre le spectateur, de le porter à la rêverie, à la contemplation, à la réflexion ou au rire. Le tout en apportant de la couleur et en racontant une histoire sur les murs ternes de nos villes.

Les pochoirs

La technique du pochoir est très répandue dans le street art. Banksy, Blek le rat, Jef Aérosol, Miss Tic, C215 ou Goin comptent parmi les artistes les plus connus de ce courant.

Ils ont perfectionné un art qui vient du fin fond des cavernes préhistoriques : en soufflant des pigments de couleurs sur leur main posée sur une paroi, les hommes et femmes du paléolithique ont inventé la technique du pochoir.

Celle-ci a été utilisée et améliorée à travers les siècles. Elle donnera naissance aux techniques de sérigraphie dans l’imprimerie, ou sera utilisée pour exprimer des revendications sociales et politiques – comme par exemple en France au cours du printemps 1968. Les artistes contemporains exploreront cette technique dans leurs travaux et recherches, tels Yves Klein ou Ernest Pignon-Ernest.

Les artistes urbains s’emparent à leur tour du pochoir. Blek le rat sera notamment un des pionniers de ce courant du street art. Dans les années 1980, à Paris, il réalise à l’aide de bombes aérosols et de pochoirs des rats sur les murs de la ville. Ses motifs évolueront rapidement vers des détournements d’œuvres célébres ou des portraits de personnalités internationales.
Aujourd’hui, en projetant de la peinture à travers ou autour d’un motif découpé dans un cache, les artistes urbains produisent des œuvres sur les murs des villes. Ils utilisent des bombes de peinture aérosol ou de la peinture acrylique, et leurs supports sont en carton, en métal, en PVC, en papier, etc. En décomposant un motif en plusieurs pochoirs, ils appliquent plusieurs teintes sur une même œuvre, offrant aux spectateurs des réalisations de plus en plus élaborées.

Les collages

Directement inspirée de l’affichage public, la technique du collage dans le street art se répand de plus en plus ces dernières années. Ernest Pignon-Ernest est la figure de proue de l’art collé, le premier artiste à y avoir mis du sens et de l’art.

Ce courant permet une réalisation et dispose d’outils plus confortables que pour les techniques vues précédemment : l’artiste exécute son œuvre – ou la fait imprimer – sur du papier. Il choisi un mur et la colle dessus. Il peut éventuellement y superposer d’autres collages, ou ajouter des teintes de couleur. Cette démarche peut être considérée comme de l’affichage sauvage. Cependant, un collage s’enlève aisément, contrairement à un graffiti, une fresque ou un pochoir. Les artistes colleurs peuvent donc agir en plein jour.

Les céramiques et installations diverses

Il s’agit bien ici de parler des céramiques et autres installations disposées dans les rues. Le street art existe dans les espaces publics, sous différentes formes.

L’une d’elles consiste à disposer des petites sculptures qui jouent avec le paysage urbain, ou à coller des céramiques qui représentent un motif sous forme de pixel art.

L’artiste français Invader colle depuis la fin des années 1990 ses pixel art inspirés par l’univers du jeu “Space Invader“ dans les rues du monde entier. Il a même mis au point une application qui permet de les flasher et de gagner des points à chaque œuvre enregistrée. Ememem investit pour sa part les rues avec ses flaques de carrelage. Des œuvres abstraites, collées à même le sol, pour embellir une déformation du goudron ou créer un cadre à une plaque métallique.

Dans le même esprit, des artistes utilisent les jouets de notre enfance (Legos, Playmobiles, figurines, etc.) pour jouer avec les défauts de l’espace urbain et créer de minis espaces qui invitent à la rêverie.

D’autres artistes, comme notre ami Espagnol Isaac Cordal, sculptent dans leur atelier des petits personnages qu’ils installent dans l’espace public. Ils recréent ainsi des scènes de notre quotidien à l’état miniature, créant de la surprise et suscitant l’interrogation. Un travail minutieux de photographie de l’œuvre vient finaliser le rendu en conservant une trace de ces installations.

Les vidéos projections

Également appelé vidéo mapping ou projection mapping, ce courant consiste à projeter une œuvre, animée ou non, sur des façades la nuit.

Cette technique a vu le jour dans les années 1960, mais a été utilisée par un artiste pour la première fois en 1980 : Michael Naimark a projeté dans une salle vide une vidéo de personnes déambulant et semblant interagir avec les lieux, donnant alors l’illusion de leur présence réelle.

Les artistes s’emparent alors de ce procédé. Ils le réaliseront sur les façades des espaces publics, la nuit, sans autorisation, dès le début des années 2000. Un nouveau courant de l’art urbain est né.

Pour qu’un video mapping soit réalisé, l’artiste doit d’abord concevoir le visuel sur des logiciels de création graphique et de montage vidéo. Il lui faut ensuite le projeter à l’aide d’un vidéo projecteur, et donc disposer d’électricité (ou au moins de batteries puissantes). Le procédé donne un résultat spectaculaire, habillant des façades, donnant lieu à des animations originales qui peuvent être associées à des bandes-sons pour produire encore plus d’ampleur à l’œuvre. Le vidéo mapping est peut-être la forme d’art la plus éphémère du street art.

D’autres pratiques

Le street art englobe toute œuvre artistique réalisée sans autorisation dans l’espace urbain. Les courants et techniques décrits précédemment sont les plus connus, les plus visibles, les plus relayés par les médias et les réseaux sociaux.

Mais il existe une multitude de forme d’art dans les espaces publics. Presqu’autant qu’il existe d’outils et de moyens d’expressions.

Nous pouvons citer le light painting, dont l’œuvre finale est visible uniquement sur le résultat photo. Le tricot urbain, qui est l’art de recouvrir le mobilier urbain et les éléments naturel des villes (les arbres par exemple) de fil. Le land art, qui se réalise plus généralement dans des espaces naturels, à l’aide de matériaux naturels. La craie est également un outil utilisé par les artistes dans les artères des villes pour réaliser des œuvres au sol ou sur les murs. Les stickers, qui peuvent par exemple transformer un panneau de signalisation sens interdit en scène de café.

Depuis la naissance du graffiti sur la côte Est des États-Unis à la fin des années 1960, nos rues sont devenues un espace d’expression artistique à l’aide d’outils et de techniques très variés. Le street art et ses artistes sont de plus en plus acceptés par les habitants et les institutions, qui le valorisent dans des festivals, des publicités pour les grandes marques, des galeries d’art, et même des musées. Des enseignements spécifiques voient le jour dans les écoles d’art. Au tournant d’une rue, l’art urbain n’a pas fini de nous surprendre.

La question est : sous quelle forme et avec quelle nouvelle technique ?

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