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Comme nous l’avons évoqué dans un article dédié à la définition du graffiti, ce mouvement artistique est basé sur le travail de la lettre. Le graffeur choisit un pseudonyme (ou blase), qu’il va reproduire dans l’espace urbain sous de nombreuses formes : tag, flop, lettrage, block letter…

Nous décrivons ici ces différents styles du graffiti, qui représentent le travail sur la calligraphie et les lettres.

Il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi tous ces termes. Et même si beaucoup d’articles sur le net traitent du sujet de façon complète, d’autres s’en emparent et ajoutent de la confusion par manque de connaissance… Aussi, nous avons décidé de faire notre propre article pour évoquer ce thème qui nous intéresse et que nous pratiquons depuis plus de 20 ans !

Les différents styles du graffiti

Chaque style est présenté avec un texte explicatif et un exemple correspondant que nous avons créé avec le mot “Style“. Pour compléter, nous ajoutons quelques photos de peintres dont nous apprécions le travail dans chaque catégorie.

> Évidemment, il ne s’agit pas d’une liste immuable, énormément de variantes existent. C’est une indication des grands courants de styles qui sont créés depuis des décennies.

> Nous faisons le choix de ne pas inclure les graffs abstraits, car ils sont souvent plus focalisés sur la composition et les couleurs que sur la forme et le travail des lettres.

Le tag

Le tag est à la base de tous les autres styles. On le définit comme la signature du graffeur. Celui-ci peut être réalisé rapidement et permet d’écrire un grand nombre de fois son pseudonyme. Il est également apposé pour signer un lettrage ou une fresque. Généralement, le taggeur travaille son style au fil des ans, et sa signature devient identifiable au premier coup d’œil pour qui y est attentif.
C’est un vrai travail de calligraphie : les lettres de l’alphabet deviennent un terrain d’entraînement pour arriver à une signature unique.

Pour beaucoup de graffeurs, le tag reste un critère d’évaluation du niveau technique et de la dextérité d’un peintre : une belle fresque signée avec un tag mal exécuté trahit un manque de pratique dans ce domaine.

Exemples de Tags / © Mural Studio

© Azyle – © Buster – © Rasko – © Soklak 132

Le flop, ou throw up

Le flop s’inscrit dans la continuité du tag : plus grand et plus lisible, c’est son prolongement direct. Destiné à la partie vandale, il présente l’avantage d’être réalisé rapidement. En effet, le throw-up consiste à réaliser de manière fluide et rapide un lettrage aux formes simples, plus ou moins arrondies, qui doit être lisible au premier regard. Il est généralement constitué de deux couleurs, la plus foncée servant à réaliser le contour des lettres.

De même que pour le tag, la pratique et l’entraînement peuvent être longs avant de maitriser cette technique. Ce qui peut sembler simple de prime abord se révèle complexe dans la réalisation pour obtenir un flop de qualité. De nombreux writers sont reconnus pour la qualité (et la quantité) de leur throw-up : Seen, JonOne, Cope2, Utah et Ether, Reso, Tilt, Ahero, Horfe, pour ne citer qu’eux !

Exemples de Flop, ou Throw up / © Mural Studio

© Bates – © Cope 2 – © Seen – © Tilt

Le block letter

Le block letter est composé d’énormes lettres, de plusieurs mètres de haut. Généralement réalisé le long des voies ferrées, les bords d’autoroute ou des bâtiments désaffectés, car il est plus long à peindre. Certains vont toutefois réaliser des block letters sur des wagons entiers (whole car), voire des trains entiers (whole train).

De formes simples pour être lisibles de loin, les lettres sont généralement réalisées en deux couleurs, à la peinture acrylique à l’aide de rouleaux ou intégralement à la spray. L’objectif du block letter : faire plus gros !

Exemple de Block letter / © Mural Studio

© 1UP – © Mist/Tilt – © MTA – © ORG

Le wild style

Le wild style porte bien son nom : style sauvage. Le travail des lettres est poussé à l’extrême, à tel point que l’œuvre est quasiment illisible pour un œil non habitué. Les lettres sont déformées, enchevêtrées, enrichies d’ajouts graphiques (flèches, étoiles, vagues…).

L’ajout d’une “épaisseur“ donnant l’impression d’un relief (3D) apporte de la personnalité et améliore la lisibilité aux lettres.

Le travail des couleurs joue également un rôle important dans ce type de graffiti, qui devient une forme globale, graphiquement esthétique.

Exemple de Wild style / © Mural Studio

© Acuz 132 – © Revok – © Sofles – © MadC

Le graffiti 3D

Bien que la peinture soit réalisée en deux dimensions, sur un mur, le but de ce style est de donner l’impression que le lettrage est en relief. À l’instar de certaines créations sur logiciel 3D, chaque lettre est mise en volume et donne le sentiment qu’elle pourrait être sculptée.

Un travail sur la profondeur et la perspective est nécessaire pour obtenir l’effet souhaité. Les couleurs jouent également un rôle primordial, donnant l’illusion d’un éclairage et participant au rendu 3D.

Exemple de Graffiti 3D / © Mural Studio

© Daim – © Manyak – © Odeith – © Webs

L’ignorant style

À l’image de certains peintres qui souhaitent s’affranchir du côté académique, des graffeurs vont s’approprier et maîtriser les codes “classiques“ pour ensuite les déconstruire, les réinventer. L’ignorant style est à contre-courant du modèle de graff dominant “joli, bien effectué“.

La recherche n’est plus vraiment technique, mais essentiellement esthétique. Des formes, un équilibre des couleurs, une composition recherchée, sont préférés à un travail uniquement sur la forme des lettres et leur réalisation méticuleuse. Le résultat est un rendu qui à l’air naïf au premier coup d’œil, mais qui dénote une maîtrise de l’outil et des bases classiques du graffiti.

Exemple d’Ignorant style / © Mural Studio

© Fuzi – © Riot 1394 – © Sonik – © Ster

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